Port-Cros et l'Île du Levant

Port-Cros

Depuis 1963, Port-Cros est en effet strictement et totalement placée, y compris ses eaux, sous la sauvegarde du parc national, au terme d'une initiative privée d'autant plus méritoire qu'elle remonte aux années 20. Deux fois moins étendue que Porquerolles et dix fois moins peuplée, Port- Cros est ainsi restée une île- bijou tant du point de vue de la flore que de celui des fonds marins et nombreux sont ceux qui parlent ici d'Eden ou qui se sentent une âme de Robin- son.

Port-Cros. Vue du port et du fort de I'Estissac. En bas: l'anse
de la Palud.

Après Protè (la première), les Grecs avaient baptisé Mesè (celle du milieu) l'île que nous connaissons comme Port-Cros. Il est vrai que l'abri naturel devant lequel se blottit le hameau de pêcheurs est bien un "port creux" rendu particulièrement sûr par l'île de Bagaud qui la protège du clapot.
Militairement, la défense de ce havre était assurée par le fort du Moulin ou Vieux Château, ouvrage élevé sous François 1er et reconstruit en 1841, qui abrite maintenant les installations scientifiques ou parc national.




Le fort de l'Estissac et son sentier botanique

Deux forts, celui de l'Eminence et celui de l'Estissac, trônent haut entre la rade de Port-Cros et la plage de la Palud, tous deux remontant au XVIIe siècle mais ayant été rebâtis au XVIIIe siècle, après que les Anglais les aient détruits, et à nouveau renforcés au XIxe siècle. Depuis le port, la montée au Vieux- Château révèle d'abord de belles échappées sur la rade, puis on se dirige vers ces forts en suivant un attrayant sentier botanique. Au besoin assisté d'un accompagnateur, on dé- couvre ainsi les richesses de

la flore méditerranéenne d Port-Cros, tandis que les passionnés d'histoire disposer pour leur part d'un itinéraire spécialisé reliant les forts ( les ouvrages défensifs d l'île. Une halte à celui-ci équipé de tables d'orientation, permet d'apprécier un vue incomparable et égale ment de se familiariser ave le milieu marin, grâce à de expositions et des aquarium aménagés par les services d parc.



La plage de la Palud et le sentier sous-marin

Si la flore de Port-Cros est particulièrement riche, si les oiseaux nicheurs, marins ou migrateurs qui sillonnent son ciel font les délices des amateurs- que dire des fonds sous- marins qui entourent l'île?
Préservés des pêcheurs, des mouillages anarchiques, des plaisanciers et autant que faire se peut de la pollution, ils ont constitué, avec les îlots du large, la première réserve européenne de ce genre. Cela ne signifie pas qu'ils soient interdits d'accès, bien au contraire, puisqu'un aquascope

permet d'en découvrir les trésors à pied sec et qu'à la plage de la Palud un sentier sous marin, balisé du rivage au rocher du Rascas, offre aux nageurs la possibilité d'approcher au plus près des poisson! familiers et des végétaux qu peuplent les premiers mètre! sous la surface.







La baie de Port-Man

L'extrémité nord-est de l'île de Port-Cros, particulièrement découpée, compte trois pointes et une profonde échancrure, la baie de Port- Man. La promenade qui y mène est fort agréable et fait monter doucement au col des Quatre Chemins, au cœur de l'île, puis au col de Port-Man d'où la vue est superbe sur l'île du Levant voisine, avec au loin la côte des Maures.
La baie de Port-Man se révèle ensuite comme un majestueux amphithéâtre de ver- dure au fond duquel miroite une Méditerranée de rêve. A droite s'allonge le promontoire effilé de la pointe de Port- Man, qui porte un fort du XVIIe siècle. Le retour se fait en contournant le riva~e nord de l'île par la pointe de la Galère et celle de la Palud.

L'île du Levant et Héliopolis

Troisième des lies d'Or, celle du Levant a connu un destin à part. Du temps des moines de Lérins, cette longue échine entourée de falaises abruptes était la terre la plus fertile de l'archipel. Plus récemment, elle abrita une colonie pénitentiaire pour adolescents, puis devint à partir de 1931 l'un des hauts lieux du naturisme.
Les adeptes du culte solaire intégral ne disposent toute- fois que de la modeste partie laissée libre par l'armée. L'accès à l'île du Levant se fait à l'ouest, au petit port de l'Ayguade que voisine la plage des Grottes et pour ce qui est des promenades, il faut se contenter de celle qui mène au village d'Héliopolis.






La baie, la plage et une maison à Port-Cros.



Le vallon de la Solitude et les crêtes

donnent une idée de la forêt provençale primitive, de même qu'à d'autres endroits de l'île, le haut maquis est l'ultime témoin non dégradé de cette formation végétale. On comprend que l'incendie, péril jusque-là évité, soit la hantise quotidienne des responsables du parc.
L'itinéraire fait encore passer par le sémaphore et le for- tin napoléonien de la Vigie, avant de revenir au village par les crêtes en surplombant la mer près du mont Vinaigre, puis en descendant au creux du vallon de la Fausse-Monnaie.

La promenade à ne pas manquer à Port-Cros est celle du vallon de la Solitude, qui fait alterner les sujets d'intérêt historiques et naturalistes. Au sortir du village, on voit d'abord la petite église, puis l'unique hôtel de l'île appelé manoir d'Hélène en souvenir du roman Jean d'Agrève que Melchior de Vogüé situa à Port-Cros.
Le vallon de la Solitude fait ensuite traverser l'île dans sa plus grande largeur à l'ombre des dernières futaies de chênes verts du littoral, qui


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